Ville de Herve

= Ville de Herve

Herve

Herve est réputé internationalement pour son fromage de fabrication artisanale. La forme "Arvia" est la plus ancienne que l'on connaisse. Ce terme signifie "cours d'eau". Herve aurait donc emprunté le nom d'un ruisseau dont il ne reste actuellement qu'un mince filet d'eau provenant des Six Fontaines et se déversant dans le Hack.

Eglise de HERVE : (alt. : 290 m.).

Cette église est dédiée à la Vierge et à Saint Jean-Baptiste. La tour massive date du 13e s.; ses murailles ont une épaisseur de 2,5 m. à 3 m. car elle faisait autrefois partie de la forteresse qui défendait la Ville. L'église, quant à elle, date du 17e s. : le transept et les nefs latérales de 1625 et 1626, le choeur de 1653. Le clocher, du 17e s. également, est très élevé car la tour possédait de telles proportions qu'un plus petit clocher aurait été disgracieux. Ce clocher d'une hauteur totale de 49 m. a été fabriqué à partir de quelques vieux chênes centenaires provenant des forêts voisines et ses arêtes tournent afin d'offrir moins de résistance au vent.

Le cimetière entourait jadis l'église mais celui-ci fut déplacé tout d'abord sur la Place Albert en 1855 lorsqu'on élargit la rue du Collège puis, en 1928, vers la route de Soumagne. Lors de ce transfert, les ouvriers, paraît-il, recueillaient les dents des morts car il suffisait, pensaient-ils, de toucher à l'aide d'une de ces dents, une dent malade pour immédiatement cesser de souffrir !

L'intérieur de cet édifice renferme quelques oeuvres remarquables :

  • la chaire de Vérité, de style régence, datant de 1739
  • l'autel latéral gauche et son retable de 1720 représentant l'Assomption de la Vierge;
  • l'autel latéral droit décoré d'une peinture de l'école de Douffet montrant la dispute du Saint-Sacrement;
  • les fonts baptismaux (1574) de style mosan;
  • l'orgue (1672), instrument de qualité exceptionnelle.

L'église est ouverte tous les jours de 9h30 à 17h

Monument classé depuis le 15 mars 1934.

L'Hôtel de Ville

Autrefois, la Place de l'Hôtel de Ville s'appelait Place du Perron car, à cet endroit, s'élevait un perron.

Le 8 août 1914, les Allemands incendièrent l'Hôtel de Ville, érigé en 1846, et, en 1929, fut reconstruit l'édifice actuel. Sur le fronton sont gravées les dates MCMXIV - MCMXXIX (1914-1929) et le lion belge. Les deux métopes présentent deux blasons : l'un avec les armoiries de Herve, l'autre avec les outils du tanneur et du cordonnier (deux anciennes et importantes industries herviennes).

En haut, à gauche, le cadran traditionnel de l'horloge dissimule un mécanisme révolutionnaire : depuis le 11 décembre 1980, cette horloge est raccordée par ondes-radio à l'observatoire de Prangis (Suisse). La tolérance d'erreur est d'une seconde en 15.000 ans. Coût de ce fabuleux système : 66.100 francs à amortir en ... 15.000 ans. A Herve, les 750 prochaines générations peuvent dès lors être rassurées !!!

A gauche de l'entrée, remarquons une borne armoriée dont plusieurs exemplaires délimitaient jadis le ban de Herve.

Les Six Fontaines.

"Six Batches" est l'appellation wallonne de ces six bacs de pierre.

Une des nombreuses traditions concernant ce lieu rapporte que, durant une crise houillère, le curé Lys employait les mineurs sans travail pour percer la roche vers Battice et y découvrir des eaux alimentaires.
Cette source découverte fut divisée en 6 parties. Une légende nous fait part des propriétés particulières des 6 bacs :

  • "Lu batch à djvas" servait d'abreuvoir aux chevaux
  • "Lu batch à pourcès" était destiné au lavage des porcs après le brûlage des soies
  • "Lu grand batch" était utilisé par les lavandières
  • "Lu p'tit batch" par les charcutiers pour le nettoyage des boyaux
  • "Lu reû batch" était réservé aux usages domestiques
  • "Lu batch Lecomte" doit son nom à une très ancienne famille hervienne qui ne buvait que cette eau réputée la meilleure.

Une autre légende raconte que, durant la nuit de Noël, "Lu batch Lecomte" déverse du vin au lieu d'eau et que par deux fois déjà, d'audacieux Herviens ont voulu s'en rendre compte et en sont morts. Malheur à ceux qui oseraient vérifier l'exactitude de ce récit !

Collège Royal Marie-Thérèse (rue du Collège, 26).

En 1777, Charles de Lorraine, gouverneur de Belgique sous le règne de Marie-Thérèse d'Autriche, fonda cette école qui connut dès le début beaucoup de succès. En 1779, un pensionnat y fut annexé.

Les études y étaient très poussées : dès la sixième, les élèves apprenaient le latin et, une fois arrivés en troisième, cette langue leur devenait si familière que toutes les matières, y compris les mathématiques, étaient enseignées en latin.

A la révolution brabançonne, en 1790, des troupes autrichiennes occupèrent le collège. De 1792 à 1803, le collège servit successivement d'écurie, d'hôpital, d'école primaire, enfin de siège pour l'administration et la gendarmerie. Entre 1803 et 1814, ce fut une école secondaire tenue par les Récollets et, par la suite, il redevint un hôpital et le siège de l'administration.

Mais les habitants de Herve aspiraient au retour de ce collège. Depuis 1838, l'oeuvre si utile de Marie-Thérèse a retrouvé son ancienne prospérité.

Sur le mur d'enceinte, des anneaux où le bétail était attaché, nous rappellent que la Ville de Herve était autrefois un centre actif de commerce du bétail.

Après avoir franchi le portail principal, vous pouvez observer l'aigle bicéphale, emblème des Habsbourgs d'Autriche.

Le 25 mai 1909, le collège inaugurait une chapelle, de style gothique (type 13e et 14e s.), dédiée à Notre-Dame de Lourdes. Son clocheton de 33 m. de hauteur se dresse fièrement et agrémente le panorama de la Ville.

Le Vieux Couvent (rue Haute, 56).

Forcées de quitter leur maison de Limbourg le 25 avril 1676, quelques religieuses Récollectines vinrent s'établir dans le refuge que possédaient les Pères Récollets de Bolland.

Le 30 avril de la même année, elles furent reconnues comme institutrices par le baron de Linden. L'instruction y était gratuite pour les enfants pauvres de la ville et des environs.

Après un premier édifice en 1683, elles élevèrent un couvent et une église, en 1733, au sommet du Haut Tiège (rue Haute).

Pendant la période révolutionnaire, les Autrichiens puis les Français essayèrent de s'y établir. Même le conseil communal tenta d'y installer son collège.

Finalement, en 1830, les Récollectines s'associèrent avec les soeurs de la Providence de Champion et firent construire en 1884 un nouveau bâtiment : le Nouveau Couvent (avenue Reine Astrid).

Actuellement, l'église est désaffectée et les locaux servent d'école gardienne, primaire et secondaire.

Monument classé depuis le 20 février 1979.

Le Nouveau Couvent (Avenue Reine Astrid, 9).

La construction du bâtiment initial ne dura qu'une année car on y travailla nuit et jour, à la lumière de grosses lampes. Le pensionnat fut ouvert le 4 octobre 1884 et, depuis lors, cet établissement a accueilli tant d'élèves que, de nouvelles constructions furent nécessaires.

L'Hospice Sainte-Elisabeth (Place Lecomte, 29)

Un hospice existait déjà vers 1400. Reconstruit en 1652, ce bâtiment, couvert de chaume, ne comprenait, au rez-de-chaussée, que trois chambres et une cuisine et, à l'étage, seulement deux chambres. En 1753 fut inaugurée une chapelle. Ce n'est qu'en 1761 que l'hospice fut surélevé d'un étage et recouvert d 'ardoises. En 1855, l'hospice fut démoli pour être remplacé par une partie du bâtiment actuel : "partie" parce que, en 1810, une maison joignant l'hospice fut achetée par le hervien Henri Lecomte qui la fit démolir afin de construire un hôpital (l'hôpital St Henri).

Ces deux bâtiments sont aujourd'hui réunis. Ils sont occupés par la Maison de Repos gérée par le Centre Public d'Aide Sociale.

A droite, remarquons la Statue de Ste Elisabeth de Hongrie.

"Lu vî bon Dju" (rue Jardon, 88).

Maison célèbre du "Père Eternel"(1701). L'étrange figure encastrée dans la façade compte parmi les plus belles pièces folkloriques de Herve. La maison date de 1562.

Monument classé depuis le 12 décembre 1981.

Ancienne ferme (Sur la Commune, 12).

Récemment restaurée, cette ferme date de la fin du 17e siècle. Jadis, un portail ornait l'entrée mais il ne reste plus que la partie inférieure droite protégée par un chasse-roue.

Contre le mur de clôture, en bordure de la route, se dresse une très belle croix du 18e s. à double face : cette croix se trouvait autrefois à l'embranchement de deux chemins et pouvait donc être admirée sous ses deux côtés.

"Le Vieux-Moulin" (Sur la Commune,14).

Belle bâtisse du 18e s. située en bordure du Hack. A gauche se situe le moulin dont la roue fut détruite par un incendie au cours de la deuxième guerre mondiale. La large porte est surmontée d'un tire-ballots. A droite, il s'agit de l'habitation dont le linteau de la porte indique "1756 - JHS" (Jésus Hominum Salvator).

Immeuble des Leclercq (rue Leclercq, 66).

Autrefois, cette magnifique demeure, de style Louis XIV, appartenait au Ministre Mathieu Leclercq (1796-1889). Celui-ci fut Procureur à la Cour de Cassation à l'age de 40 ans, fait unique dans l'histoire de notre pays.

Monument classé depuis le 1er avril 1985.

La partie supérieure de la rue Leclercq se nomme le "Thier l'ohé". L'origine de ce nom est intéressante. En effet, au 19ème s., le jour du mercredi des Cendres, une longue procession d'hommes vêtus de manteaux noirs et portant un chapeau noir pointu partait du coin de Herve, traversait la ville et montait vers "Nazareth" (lieu-dit situé en haut de la ville).

Cette procession d'enterrement accompagnait une croix sur laquelle étaient attachés toutes sortes de poissons qui rappelaient l'abstinence de viande pendant le carême et deux croque-morts portant un sarcophage rempli d'os de gigot et de jambon.

Tout en avançant, ils procédaient à une collecte en disant : "Po l'pauve Mathy l'ohé" (traduisez : "Pour le pauvre Mathieu l'os"). Dès qu'ils avaient récolté suffisamment d'argent, la visite des chapelles (traduisez : la visite des cabarets) pouvait commencer. L'opération était appelée "rinçage des gosiers".

A "Nazareth", l'inhumation se déroulait au milieu d'une foule pleurant et déposant des fleurs. Finalement, la cérémonie terminée, le cortège redescendait en effectuant encore quelques visites aux "cabarets".

Une coutume semblable à celle-ci se perpétue encore de nos jours le 16 août en Outremeuse à Liège. Cet enterrement de l'os symbolise l'enterrement de la fête.

Maison en colombage (rue d'Elvaux, 7).

Modeste maison du 17ème siècle percée de fenêtres à meneaux.

Maison classée depuis le 5 mars 1986.

Demeure du Comte Adolphe Gustafsson (rue du Marché, 16).

Au 19ème siècle, le Comte Gustafsson, fils illégitime mais reconnu par le roi de Suède Gustave IV, mena dans cette jolie maison (style Louis XV) une vie simple, partageant son temps entre la musique, la chasse et la peinture.

Dans cette rue se tenait au 14ème siècle un marché florissant. En 1886, l'administration communale de Herve leva une taxe sur les produits mis en vente. Cet impôt fut catastrophique pour le commerce dans la ville car les fermiers ne tardèrent pas à se rendre plutôt au marché de Battice.

Fontaine Denis Dumont (rue Denis, dans la 1ère prairie à gauche).

Située au coeur d'un nouveau lotissement, elle vient d'être restaurée. Cette fontaine date de la deuxième moitié du 18ème siècle.

Monument classé depuis le 27 novembre 1979.

Ecole des Frères (rue d'Elvaux, 28).

Le 1er novembre 1856, M. Jean-François Hannot, dans un testament olographe, léguait à sa soeur la somme de 9.000 Frs. Une rente perpétuelle devait être versée à la commune et les intérêts perçus sur ce capital devaient servir à payer l'instruction primaire gratuite aux enfants par les Frères des Ecoles Chrétiennes.

Toutefois, le conseil communal ne manifesta aucune envie d'appeler les Frères et tenta d'obliger Catherine Hannot à attribuer le legs à la ville. Celle-ci refusa énergiquement. En 1864, le conseil communal revint à la charge par une action juridique qui devait aboutir en 1867 au détournement du legs en faveur de la commune.

Mais, depuis son arrivée, à Herve, M. l'abbé Klausener, curé et doyen de la paroisse, nourrissait l'espoir de doter la paroisse d'un enseignement chrétien donné par des Frères. Il multipliait les démarches et, en 1867, une bâtisse fut construite. Placée au frontispice, une pierre de taille annonçait aux passants que le bâtiment était en état d'abriter les Frères et les élèves grâce à l'inscription que l'on peut encore lire aujourd'hui "Ecole des Frères 1867".
Le 1er mai 1869, l'école ouvrit ses portes avec, comme professeurs, 3 Frères pour 120 élèves. Les élèves affluèrent et les classes devinrent trop petites. Il fallut construire une quatrième classe à gauche du bâtiment principal et, l'année suivante, ouvrir une cinquième classe dans une habitation de la rue d'Elvaux, en face de l'école. Ces deux classes furent confiées à des maîtres laïcs. Le traitement des Frères était assuré par M. le Doyen et les élèves provenant de familles aisées apportaient leur quote-part.

En 1914, une compagnie allemande occupa les classes. En 1928, on édifia deux nouvelles classes et un préau (bâtiment à l'extrême gauche). En mai 1940, il y eut une nouvelle invasion allemande. A signaler ici un épisode tragi-comique au début décembre 1944 : une douzaine de soldats allemands font irruption à l'école par la porte du jardin vers le collège. Sans explication et en hurlant, ils expulsent maîtres et élèves. Il s'agissait d'une méprise car c'est au collège qu'ils en voulaient. Dès le lendemain, l'école reprit son activité habituelle.

Sur le bâtiment de gauche, du côté de la route, se dresse la statue St Joseph, patron de l'école.

Actuellement, ces bâtiments font partie du collège Marie-Thérèse et l'école primaire a été transférée de l'autre côté de la rue.

Chapelle Saint-Joseph (Avenue Reine Astrid, 3).

Chapelle adossée à la route et probablement construite au même moment que l'ancien couvent (18ème s.).

Actuellement, cette chapelle n'est plus utilisée et tombe en ruine. Il ne reste plus à l'intérieur que l'autel et toute la façade est recouverte par la végétation.

Ferme de Nazareth (Avenue Reine Astrid, 15).

Ferme composée de deux bâtiments accolés, de style renaissance et Louis XIV au rez-de-chaussée, en pierres de taille.

Ferme classée depuis le 26 novembre 1973.

Edicule Saint-Joseph (rue du Calvaire, 30).

Il consiste en une niche sur un socle, le tout en pierre du pays. Dans la niche est blottie une statue de St-Joseph remplacée en 1969 et protégée par une grille de fer. Sur le socle de bronze figure l'inscription "Jésus, Marie, Joseph" et la date de 1823. La niche est surmontée d'un crucifix en fonte.

Une légende raconte que les jeunes filles amoureuses, de retour de la chapelle de Noblehaye, venaient aussi mordre dans cette grille afin que leurs voeux se réalisent.

Chapelle Sainte-Thérèse de Lisieux (rue Haute, 58, (à droite)).

Construite en 1928 et dédiée à Sainte Thérèse de Lisieux, patronne des missions, cette jolie petite chapelle ne peut contenir qu'une vingtaine de personnes. Dans le registre du Collège Echevinal de Herve, une autorisation est délivrée le 25 avril 1928 à un nommé Henri Warnier (au nom des Soeurs du Vieux Couvent) pour construire une chapelle. Elle se distingue par ses nombreux ex-voto placés là en remerciements pour des grâces obtenues. A l'intérieur, remarquons la grande statue de Sainte Thérèse et, à gauche, un très ancien Christ en bois ciselé.

Selon certains témoignages, M. T. Detry aurait eu l'idée de construire cette chapelle car sa femme, à l'époque, était gravement malade. Celle-ci fut guérie et sut que son mari avait fait "quelque chose de grand" pour obtenir son rétablissement mais elle n'a jamais su ce dont il s'agissait.

Place Albert 1er.

Ainsi appelée en hommage au roi des Belges (1909-1934), cette place vient d'être récemment restaurée. De 1857 à 1897, elle servit de cimetière dont les dernières traces ont disparu depuis 1918 afin de permettre l'érection de baraquements en planches pour les sinistrés de la première guerre. Dans la suite, cette place fut utilisée pour un marché couvert au beurre et au bétail.