Ville de Herve

Ville de Herve

Géographie

carte_2.jpg (21163 octets)A l'époque actuelle, nous divisons la Belgique, au point de vue géographique, en un certain nombre de régions naturelles, qui se distinguent les unes des autres par leur situation physique ou la nature géologique de leurs sol et sous-sol.

C'est pourquoi l'expression "Pays de Herve" n'est qu'une trouvaille tout à fait récente de nos conceptions modernes, car le territoire que cette appellation désigne de nos jours n'a jamais formé autrefois une entité politique ou administrative, avec une organisation particulière.

Le Pays de Herve comprenait, sous l'ancien Régime, une partie des Pays d'Outre-Meuse (over Maes, dont le Comté de Dalhem) et du puissant Duché de Limbourg, avec sa capitale sur la Vesdre, Dolhain-Limbourg.

Aujourd'hui, nous désignons aussi cette contrée sous le nom d'Entre-Vesdre-et-Meuse, d'après son étendue territoriale, parce qu'elle est limitée à l'ouest par la Meuse et au sud par la Vesdre. En outre, elle s'étend au nord jusqu'à la frontière du Limbourg hollandais et à l'est, elle est bornée par la frontière allemande (Allemagne Fédérale). De ce côté, elle s'est augmentée des cantons de l'Est, Eupen-Malmédy et leur région, territoire rétrocédé à la Belgique par le traité de 1919 qui mit fin à la première guerre mondiale. Ce territoire continue d'ailleurs les terrains propres à notre pays, soit les terrains dits herviens et acchéniens (région d'Aix-la-Chapelle), qui sont de nature crétacée.

Le Pays de Herve comprend donc tout le nord-est de la province de Liège ; dans les milieux agricoles, à cause de ses nombreux et gras pâturages, on le désigne encore avantageusement "Région herbagère de l'Est de la Belgique".

Ainsi, le Pays de Herve apparaît comme l'une des régions les plus florissantes de la province de Liège. Cette prospérité, il la doit à sa situation privilégiée entre les deux grandes agglomérations industrielles qui furent toujours très actives : d'une part, la banlieue liégeoise - centre de la métallurgie (Herstal, Seraing, etc ...) et d'autre part, la région verviétoise (Dison, Ensival, etc ...) - centre industriel lainier naguère si prospère. Cependant, la crise économique a eu des effets désavantageux sur l'ensemble du pays.

Le Pays de Herve constitue véritablement une région de synthèse où s'associent favorablement l'industrie et l'agriculture, réunissant ainsi sur un territoire assez restreint, des activités multiples et variées. Sa valeur, il la tire surtout de son sol propice à l'herbage et à la culture, et à son sous-sol riche en minéraux (fer, pierres, houille).

Mais le Pays de Herve a été aussi le glacis de la Belgique centrale, chemin des invasions depuis les premiers âges (Barbares et ennemis venus de l'est). Il a occupé à notre époque, en face d'un puissant et redoutable voisin, une position d'avant-garde très dangereuse : en un quart de siècle, il a subi (à deux reprises), les assauts terribles des hordes étrangères. Il a frémi sous le premier choc de l'envahisseur et a eu l'honneur de défendre Liège, la Cité Ardente, aux premières heures de la tourmente. Son territoire a été couvert de ruines et il a tremblé sous les bottes prussiennes dans des ouragans meurtriers. Il a souffert, dans des horizons de feu et de sang, de pillages, de massacres, de dévastation. territoire. La deuxième guerre mondiale, aussi terrible et cruelle que la première, nous a couverts de plaies et de ravages.

ASPECT ET RELIEF

Le Pays de Herve est une région de transition entre la Moyenne Belgique et la Haute Belgique, dont il occupe la partie la plus septentrionale. Il a une étendue d'environ 450 krn2, soit à peu près 1/59ème de la Belgique ; il vaut 1/22ème de la Haute Belgique, laquelle totalise approximativement une superficie de 10.130 km2.

relief.jpg (14491 octets)Notre pays est une région herbagère, formée d'une succession de plateaux largement ondulés et entrecoupés de nombreuses vallées. Son altitude est de 200 mètres sur la rive droite de la Meuse et elle s'élève jusqu'à 400 mètres sur le plateau central pour s'abaisser assez rapidement vers la frontière allemande (descente de Henri-Chapelle et La Calamine), et vers la vallée de la Vesdre, où l'on remarque les descentes de Bilstain-Eupen et Rechain-Dison. La ligne faîtière correspond assez bien avec la crête où court la grande chaussée d'Aix, route de Fléron, Herve, Henri-Chapelle. L'altitude atteint 275 mètres à Herve, 300 mètres à Battice et environ 347 mètres sur le plateau qui domine Clermont. C'est au pied de ce plateau que se trouvent les sources de la Berwinne et de Birven. L'altitude la plus basse, 45 mètres, se remarque à la sortie de la Meuse du territoire belge, à Navagne, près de la frontière hollandaise.

Si l'on parcourt le Pays de Herve en allant d'ouest en est, on constate que le paysage varie aussitôt d'aspect. D'abord, en quittant la Basse-Meuse, il y a une zone analogue à la Hesbaye, qu'elle semble continuer à travers le sillon de la Meuse. Ce sont deux bandes longitudinales presque parallèles et orientées vers l'est : la première allant de la campagne de Visé vers les hauteurs de Warsage, et la seconde s'étendant de la campagne de Barchon (Chefneux) vers le Tiège de Mortier. C'est une succession de belles cultures, avec les grosses fermes de Housse, Leval, Coris-St-André, Cortils-Mortier, La Moinerie-Warsage.

Au-delà de ces champs et cultures qui constituent une zone très fertile, viennent les prairies arborées et les vergers avec leurs arbres fruitiers qui occupent une grande partie du plateau central, aux environs de la ville de Herve, et dépassent la ligne Battice-Thimister. On y trouve également les pâturages avec leurs haies vives, souvent remplacées maintenant par des fils barbelés. Ces pâtures occupent les sommets de la région jusqu'aux étendues forestières qui s'allongent aux frontières hollandaises et allemandes (Bois Rouge, Teuven, Remersdael et forêt d'Eupen).

Tel est le paysage varié du Pays de Herve dans son ensemble si pittoresque.

LE SOL ET LE SOUS-SOL

C'est une zone calcareuse : des terrains argileux, sablonneux, glaiseux ou marneux. La profondeur de la couche végétale varie entre 15 et 40 centimètres en beaucoup d'endroits.

Le sous-sol se compose de formations argileuses, calcaro-argileuses et parfois schisteuses : ce sont des terrains crétacés se rattachant à l'époque secondaire. Ils forment une couche imperméable favorable aux nappes souterraines, d'où abondance de sources, puits et fontaines.

Vers le nord-ouest, ils sont recouverts d'une couche de limon hesbayen qui atteint parfois plus de 45 centimètres de profondeur.

Ces terrains possèdent les qualités qui font les bons pâturages, d'une consistance grasse et humide. De même le relief ondulé empêche la formation de marécages, ceux-ci ne se rencontrant parfois que dans les fonds fangeux et les prés le long des cours d'eau. Les prairies à foin alternent avec les vergers aux belles plantations fruitières (cerisiers, pommiers, poiriers et pruniers). Les arbres et les haies vives servaient utilement d'abri pour le bétail . Malheureusement, on a souvent remplacé ces clôtures naturelles par des fils de fer barbelés, fixés sur des pieux en fer ou en béton. De ce fait, on a dû prévoir quelques constructions en planches pour le bétail qui y pâture. En outre, quantité d'oiseaux, surtout nos petits passereaux, ne trouvent plus le milieu favorable à leur conservation et leur développement.

Etude du sol et pâturages pour les principales communes du Pays de Herve.

Commune

Nature du sol

%    des
prairies

Thimister

argilite

98.8

Battice

argile, silex, marne, argilite

93.1

Chaineux

argilite, schiste houiller

98.5

Charneux

marne et argilite

97.9

Julémont

marne et argilite

90.6

Soumagne

schiste houiller

86.8

Fléron

argile, silex, craie, argilite

84.1

Bolland

argilite

76

Saint-André

craie et argilite

78

Micheroux

argile, silex, limon

70.7

Trembleur

argilite et limon

70.2

Cheratte

limon

55

Dalhem

schiste houiller et caillouteux

51.3

Housse

limon

37

Warsage

craie et limon

34

Mouland

craie et limon

32

Fouron-le-Comte

craie et limon

2

Note : La culture herbagère règne en souveraine dans la région argileuse du pays, les autres communes forment la transition entre la grande culture hesbignonne et la culture herbagère hervienne.

LE CLIMAT : VENTS ET PLUIES

Le Pays de Herve est situé à 200 kilomètres de la Mer du Nord. Par suite de cet éloignement et de son altitude, il jouit d'un climat continental, variable et assez excessif. La température moyenne de l'année est de 9 degrés ; elle peut atteindre – 20° en plein hiver et 35° en juillet/août par un été torride.

Les vents les plus fréquents soufflent du sud-ouest et de l'ouest nous apportant les pluies, tandis que le vent du sud nous donne de la chaleur. Mais la bise est plus fréquente. C'est le vent du nord-est, courant polaire qui cause la froidure en hiver et la sécheresse en été. Celle-ci est parfois néfaste au printemps, contrariant la végétation. Ce sont donc les vents froids qui dominent. La radio donne régulièrement les températures qu'on enregistre à Herve.

La température y est par conséquent très variable, étant inférieure à celle de la Belgique centrale et de la Hesbaye.

Les pluies sont aussi plus copieuses : la moyenne annuelle est de 875 mm d'eau (observations constatées au pluviomètre).

En général, on peut conclure que le climat est très salubre, car l'air y est pur et vif.

HYDROGRAPHIE : LES COURS D'EAU

Sur les limites occidentales et méridionales du Pays de Herve coulent deux grands cours d'eau : d'une part, la Meuse et, d'autre part, la Vesdre, affluent de l'Ourthe. La région intérieure est sillonnée de nombreuses petites rivières et ruisseaux et ce, dans des vallées sinueuses, parfois boisées et toujours pittoresques.

La Meuse
De Liège à la frontière hollandaise, elle a un parcours de 18 km. Ce cours d'eau a une profondeur maximum de 60 à 70 mètres. Elle a 140 mètres de largeur en aval de Liège , elle se divise pour former plusieurs îles alluviales à Jupille (île Monsin), à Argenteau (Franche garenne) et à Visé (île Robinson). De Liège à la frontière hollandaise, elle a un parcours de 18 km. Ce cours d'eau a une profondeur maximum de 6 à 7 mètres. Elle a 140 mètres de largeur en aval de Liège , elle se divise pour former plusieurs îles alluviales à Jupille (île Monsin), à Argenteau (Franche garenne) et à Visé (île Robinson).

La Vesdre
Cette rivière a une longueur de 71 km. Sa source se trouve dans le canton d'Eupen, à 450 mètres d'altitude. Elle a son embouchure dans l'Ourthe, à Chênée. C'est une des rivières les plus rapides de notre région. Ses principaux affluents sont sur la rive droite : le ruisseau de Dison et la Magne qui arrose Soumagne et qui reçoit le Hack venant de Herve ; sur la rive gauche: la Gileppe et la Hoegne. La Vesdre reçoit aussi la Helle, rivière des Fagnes, à Eupen. Cette rivière a une longueur de 71 km. Sa source se trouve dans le canton d'Eupen, à 450 mètres d'altitude. Elle a son embouchure dans l'Ourthe, à Chênée. C'est une des rivières les plus rapides de notre région. Ses principaux affluents sont sur la rive droite : le ruisseau de Dison et la Magne qui arrose Soumagne et qui reçoit le Hack venant de Herve ; sur la rive gauche: la Gileppe et la Hoegne. La Vesdre reçoit aussi la Helle, rivière des Fagnes, à Eupen.

La Berwinne
C'est le plus important des cours d'eau du Pays de Herve , il traverse toute la région herbagère de l'est vers le nord-ouest, sur une longueur de plus de 25 km. Elle prend sa source au lieu-dit "La Vlamerie", près de Bierven sous Clermont, à 29 km de son embouchure dans la Meuse, et en aval de Visé au lieu-dit "Aux Osiers". Elle arrose successivement Clermont-Thimister, Aubel, Val-Dieu, (Charneux), Mortroux, Dalhem, Bombaye, Berneau et Mouland. C'est le plus important des cours d'eau du Pays de Herve , il traverse toute la région herbagère de l'est vers le nord-ouest, sur une longueur de plus de 25 km. Elle prend sa source au lieu-dit "La Vlamerie", près de Bierven sous Clermont, à 29 km de son embouchure dans la Meuse, et en aval de Visé au lieu-dit "Aux Osiers". Elle arrose successivement Clermont-Thimister, Aubel, Val-Dieu, (Charneux), Mortroux, Dalhem, Bombaye, Berneau et Mouland.

Le Bolland
Affluent de la Berwinne, il prend sa source à Gurné. Il arrose le village de Bolland où il est canalisé et alimente les étangs du château. Il traverse les commune de St-Remy et Feneur puis a son embouchure à Dalhem. Affluent de la Berwinne, il prend sa source à Gurné. Il arrose le village de Bolland où il est canalisé et alimente les étangs du château. Il traverse les commune de St-Remy et Feneur puis a son embouchure à Dalhem.

La Julienne
Elle prend sa source à Retinne, puis traverse la commune de Saive y arrosant le pied du vieux château. Elle passe dans le fond de Légipont et entre dans une petite vallée très agreste en partie boisée ; elle forme les étangs de la Julienne avant de se jeter dans la Meuse, à Argenteau. Son parcours est d'environ 10 km. Elle prend sa source à Retinne, puis traverse la commune de Saive y arrosant le pied du vieux château. Elle passe dans le fond de Légipont et entre dans une petite vallée très agreste en partie boisée ; elle forme les étangs de la Julienne avant de se jeter dans la Meuse, à Argenteau. Son parcours est d'environ 10 km.

La Richelette ou ruisseau de Mortier

Elle prend sa source à Hacboister-Battice, près de la Neuve-Cour, elle arrose les hameaux du Nèche, Pisseroux et Richelette sous Mortier. Elle longe le bois de Trembleur dit le Pelé et après Goméfosse se réunit au ruisseau de Cortils (ou Lonneux), traverse Chenestre et se jette dans la Berwinne près de Dalhem. A Chenestre, elle a formé des chutes rapides et cascade sur une pente schisteuse, de plus de dix mètres de long. C'est un site très pittoresque.

Dans le nord du Pays de Herve, il y a encore trois cours d'eau assez importants

La Voer
Elle naît près de Rullen et baigne les trois Fourons, avant d'entrer dans le Limbourg. Elle naît près de Rullen et baigne les trois Fourons, avant d'entrer dans le Limbourg.

La Gulpe
Elle a sa source près de Henri-Chapelle et arrose Hombourg, Remersdael et Teuven ; puis, dans le Limbourg hollandais, Slenaken et Gulpen. C'est aussi un affluent de la Meuse.

La Gueule
Elle prend sa source près de Ruyff (Henri-Chapelle) et arrose La Calamine, Moresnet et Plombières, pour se diriger vers Wittem, dans le Limbourg hollandais.

GEOGRAPHIE HUMAINE

Par suite des progrès des sciences géologiques et des travaux des savants belges de la fin du siècle dernier, principalement André Dumont et d’Omalius d’Halloy, une nouvelle classification géographique des terrains ainsi qu’une nouvelle répartition par zones et régions naturelles furent introduites dans l’enseignement à partir de 1865 ; cette innovation consacrait la naissance du Pays de Herve comme l’une des principales régions belges.

C’est une des régions les plus peuplées, comparativement à son étendue, comprise dans les arrondissements populeux de Liège et de Verviers. Avec une population de plus de 135.000 habitants (en 1946), soit 300 habitants par kilomètre carré, il se classe immédiatement après la Flandre intérieure, qui a environ une population de 1.625.000 âmes. Avec l’agglomération verviétoise, notre région atteint 200.000 habitants, soit 1/42 de la population belge (statistiques de 1945).
Les agglomérations sont nombreuses, mais généralement peu importantes et très dispersées, formant des villages très coquets, hameaux et autres dépendances rurales. Les fermes sont disséminées dans les campagnes et dans les pâturages : c’est la caractéristique de la région herbagère. Cette dissémination est favorisée par l’existence de nombreuses nappes souterraines, ce qui crée l’abondance de sources, de puits et de fontaines. Cela explique aussi la division assez forte de la propriété car les fermes comportent en moyenne de 3 à 5 hectares ; rares sont celles de 10 hectares et plus.

Observons l’aspect de nos fermes : elles sont de deux types. La ferme hervienne, à proprement parler, est généralement d’un seul tenant, avec des étables, vacheries et porcheries, avec une laiterie ou « dispinse » où se fait le travail du lait, et au-dessus du bâtiment, le fenil, pour rentrer le foin en été (la fenaison a lieu ordinairement en juin). Ces différentes parties communiquent directement avec la maison d’habitation. Il y a parfois un autre type qui comporte deux bâtiments parallèles séparés par une cour et comprenant un hangar ou remise pour les véhicules. Nous reconnaissons là dans ces deux modèles, le type hervien de la ferme herbagère.

Mais là où dominent encore les cultures, vers le nord-ouest du Plateau, on rencontre également la grande ferme hesbignonne : celle-ci présente un grand quadrilatère, avec cour intérieure, porche d’entrée et grange, où l’on battait le grain au fléau et où on le remisait pour l’hiver.
Même en plein pâturage, on retrouve cette disposition de forme carrée, là où existaient auparavant des terres cultivées ; ainsi l’habitat reste un témoin du paysage rural d’autrefois.

Les habitants du Pays de Herve n’ont pas, à proprement parler, un nom particulier pour toute la région. Il y a des Herviens, des Aubelois, des Fléronais, des Soumagnards, des Bollandois, des Aubinois, des Saint-Rémois, des Dalhemois, etc... puis dans la périphérie : des Verviétois, des Eupenois, des Malmédiens, des Visétois, etc.

La contrée est traversée, de part en part, par la limite linguistique, qui va de l’ouest à l’est, de Mouland à Aubel : au nord de cette ligne, un patois flamand ou thiois (plat dutch) et au sud, le wallon et le français ; c’est la région limitrophe du Limbourg hollandais. Puis, du nord au sud, parallèlement à la frontière allemande, un patois germanique : le bas-allemand, dont le centre est Eupen. Notons que Malmédy, anciennement liée à la principauté de Stavelot, a conservé la culture wallonne ; on y parle un idiome local