Ville de Herve

Ville de Herve

Les Hêvurlins

Catégorie : Associations

Type : Folklore

Spécialité : Grosses têtes

LES HEVURLINS, groupe folklorique hervien. Les Hêvurlins (Les Herviens, en wallon, le vieux dialecte local), sont un joyeux groupe de "Grosses Têtes", un folklore typique local du début du 20ème siècle, qui ne connaît que les deux couleurs locales, le jaune et le bleu et qui n'a pour but que de faire connaître sa très chère ville de Herve, son fromage, ses produits artisanaux, son folklore et son pays. Un peu d’histoire …. Depuis 1867, la ville de Herve connaît une grande cavalcade qui jouit d'une excellente réputation et qui est un des fleurons de la Wallonie. Les premières années, ce cortège fut organisé au carnaval mais cela ne prit pas à Herve et c’est ainsi que les responsables organisèrent leur cortège le lundi de Pâques et là, le succès fut vite assuré. Ce n’est donc pas un carnaval mais un cortège composé, au départ, de cavaliers et de chars tirés par des chevaux. Avec les années, cependant, l'organisation d'un char ou d'un groupe coûta toujours plus cher et le dévouement devint plus rare. Pour les travaux des champs, les chevaux furent remplacés par des tracteurs agricoles et les activités culturelles et sportives, en devenant plus nombreuses, enlevèrent à ceux qui s'en occupaient, le temps de préparer les chars et les groupes. C'est ainsi qu'au fil des années, il fallut compléter la cavalcade avec des chars et groupes venant de l'extérieur. Les Cent Kilos en Balade. Devant le succès de cette grande cavalcade du lundi de Pâques, en 1930, les membres de Herve-Attractions eurent eux aussi envie de participer aux cortèges et c'est ainsi que Théophile Iserentant , trésorier-fondateur du comité, fut chargé de commander des "grosses têtes" dans une société spécialisée en Allemagne. Le groupe des" Cents Kilos en balade" était né. Il était un groupe folklorique typiquement local et était unique à l'époque. Ce groupe fit fureur à Herve mais aussi dans tous les cortèges où il fut invité, dans tous les coins de Belgique, étant toujours de la partie aux fêtes de Wallonie à Liège, et même en France. Le groupe partit d'abord avec le camion de déménagement de Pierre Lavergne puis avec les cars Largefeuille. Herve Attractions possédait donc ce beau groupe des "Cents kilos en balade". Les membres étaient coiffés de têtes humoristiques, rehaussées de chapeaux de toutes sortes (haut de forme, boulle, canotiers...) et vêtus, par dessus de gros coussins (pour faire les cents kilos) d'un costume en queue de pie, réalisé en toile de jute et peint en damiers jaunes et bleus. Les Grosses Têtes de Herve. Ne pouvant organiser le cortège et en même temps être dans leur groupe, les responsables de Herve Attractions décidèrent de confier leurs "têtes" à des personnes et des comités de Herve. Presque toutes les familles locales possèdent des "porteurs" de grosses têtes mais il y eut notamment les aînés de la Garde St Jean avec les frères Bonsang et le joyeux Emile Paulus, puis les têtes furent confiées aux Joyeux Supporters Herviens, avec Pol Durvin. Avec les années, ces têtes s'abîmèrent et c'est d'abord le peintre local Gaston Cocq qui se chargea de réparer et repeindre ces têtes. A sa mort, c'est un autre peintre de Herve qui prit la relève : Joseph Smets. Pour remplacer les têtes irréparables, celui-ci trouva un moule pour refaire de nouvelles têtes. Ces têtes de la deuxième génération se réalisaient donc avec un moule de base identique mais qui se complétait par des casquettes, barbiches, gros nez... Ces têtes représentaient des marins, des soldats blancs ou noirs (en souvenir des soldats libérateurs), des bébés, des écoliers... Les porteurs de têtes revêtaient un habit qui se rapportait au motif de la tête et ce groupe se présentait naturellement sous le nom des "Grosses Têtes". A la fin de ce premier groupe, les membres s’amusaient tellement, qu’ils présentèrent même une vache qui couraient dans le public. Jean Largefeuille essayait bien de la retenir mais… Alphonse Lekeux était intenable. Malheureusement, faire un cortège sans boire semble difficile et boire en portant une grosse tête était aussi néfaste pour la tête que pour les porteurs. C'est ainsi que les grosses têtes s'abîmèrent très fort et certaines furent détruites, les dernières étant même vendues pour rembourser les dégâts provoqués par quelques chutes dans le local qui leur servait de vestiaire à Liège. Le groupe disparut donc au grand regret de tous au début des années 60.. Certaines de ses têtes se retrouvèrent à Micheroux, d’autres se promenèrent avec les jeunes du football d’Aubel et les dernières s’endormirent pour toujours à Plombières. Il est vrai que certaines de ces anciennes grosses têtes existent toujours mais elles sont précieusement conservées par leurs anciens porteurs. La confrérie du Herve. Herve-Attractions regretta la disparition des grosses têtes, et donc du folklore local. Il chercha une autre solution et avec Maurice Coleman, originaire de Stavelot, professeur à l’école d’agriculture de Herve et responsable de la maison des jeunes, Herve Attractions créa, en 1966, la Confrérie du Herve pour retrouver une animation et un folklore local. Cependant, la mort prématurée de Maurice Coleman et la disparition de la maison des jeunes, firent que les jeunes de la confrérie devinrent de plus en plus jeunes. La Confrérie du Herve devint donc un groupe composé de jeunes adolescents qui, avec le costume de la Confrérie font leur entrée dans le folklore local et la cavalcade. Le géant « Hêve Iî » Ce qui fait la richesse du folklore aussi, c’est que les traditions se respectent souvent dans les familles et les jeunes, devenant moins jeunes, veulent faire aussi bien que leurs aînés. Les nouvelles idées viennent parfois aussi d'un coup de tête et c'est ainsi qu'en 1984, Viviane Iserentant, le nouvelle animatrice de la Confrérie, après une discussion entre amis, trouva que l'idée de réaliser un géant n'était pas mal du tout. Dès lors, en 1984, grâce au travail de Jacques Bouckenooghe, de Viviane Iserentant et de la famille, la confrérie du Herve sortit son premier géant appelé "Hêve Iî », qui, sans le savoir lui-même, rappelait aux anciens le géant des Amis du Bon Cœur, le cordonnier, et connut lui aussi un très grand succès. Ce géant, réalisé avec cœur fut porté durant près de 20 ans à toutes les cavalcades et s’offrit même quelques sorties à Liège avec ses amis les Hêvurlins. En 2002 cependant, un nouveau « responsable » irresponsable de la Garde d’Honneur de la Confrérie, ne sachant probablement pas qui il était vraiment, détruisit ce géant « Hêve Iî » qui fut remplacé l’année suivant par le géant « Fernand », acheté tout fait à grands renforts de billets, et qui se promène à son tour à la Cavalcade mais sur des roulettes car il est trop lourd. La naissance des Hêvurlins. Depuis la 100° cavalcade, le désir de retrouver les grosses têtes se faisait sentir de plus en plus et l'on en reparlait après chaque conférence de presse de la cavalcade, principalement avec Guy Franquet et Jacques Robert. Au travers de ses nombreux contacts avec les sociétés et les fédérations de carnaval et de flolklore, Serge Iserentant ne trouva jamais de têtes coûtant moins de 10.000 frs (250 €) pièce et encore, il fallait aller les chercher à Sittard en Hollande ou à Zurich en Suisse et de plus, ces têtes ne correspondaient nullement aux styles connus à Herve. Dès lors, sur un coup de tête, le lundi de carnaval 1985, il fit un essai qui sembla plaire mais...: "vous ne serez pas dix, vous ne finirez pas la cavalcade !" répondit l’ami Léon Simar, président du Royal Herve-Attractions, car il en avait connu beaucoup des jeunes qui ne boiraient pas et qui disparaissaient en cours de cotège. Quoi qu’il en soit, le défi fut relevé et le travail se poursuivit de façon artisanale, tout étant moulé à la main, uniquement avec des lamelles de papier journal et de la colle à tapisser. Au cours d'une de ses visites, le peintre Hermann Brendebach vit ces têtes et proposa son coup de pinceau pour en faire les petites merveilles qui sortirent à 12 sous le nom des "Hêvurlins" à la 109ème cavalcade, le 8.04.1985. Ces nouvelles têtes avaient été réalisées aux proportions de celles de la première génération, car au fil du temps, les têtes étaient devenues de plus en plus petites. Respectant aussi la première génération, mais en oubliant la toile de jute, il fut décidé de créer un costume de Pierrot, moitié jaune, moitié bleu, réalisé toujours en famille, tandis que les têtes étaient rehaussées par de grands chapeaux haut de forme en carton, peints en jaune et bleu. Il ne restait plus qu'à trouver les porteurs sans retomber dans les problèmes des groupes précédents et cela, très discrètement, pour garder la surprise la plus complète pour le lundi de Pâques. Dans le programme, il ne faisait indiqué que « les Hêvurlins ». Pour que la surprise soit complète, les têtes furent conduites discrètement chez Hubert Goffin, en bordure du départ, et c’est de là que ce nouveau groupe sortit à la dernière minute. Le succès fut grand et le défi relevé: ils n'étaient pas dix mais douze et ne finirent pas la cavalcade mais le feu d'artifice et cela, sans boire un seul verre. Directement, beaucoup demandèrent à y rentrer mais passant à 21 membres en 86 et à 32 en 87, le groupe limita le nombre car cela représente bien du travail et prend de la place. Son premier but était de faire revivre le vrai folklore local mais aussi de donner aux autres l'envie de réaliser de beaux chars et groupes, qui savent s’amuser sans boire, pour que la cavalcade survive longtemps encore. Là aussi, le but a été atteint et de plus en plus de groupes de Herve sont dans le cortège et présentent des sujets agréables et bien illustrés. Les Hêvurlins quant à eux poursuivent, sans boire, leur but : faire connaître Herve, son fromage, son sirop, sa cavalcade, sa ville, son pays. Ils sortent entre dix et quinze fois l'année, dans tous les coins de Belgique: d'Anvers à La Roche, de Genappe à Liège en passant par Bruxelles, mais aussi et surtout en France: dans tous les coins de Paris, mais aussi dans le Nord, la Bretagne(Locminé), Les Alpes (Firminy), l'Oise, le Val de Marne, le Pas de Calais, la Meurthe et Moselle. Leur plus beau souvenir restera cependant leur participation à la parade de carnaval, avec deux autres groupes, un Suisse et un Allemand, du parc Euro Disney à Marne la Vallée, les 7 et 8 février 1998. Il faut signaler aussi que grâce à leur tenue, les Hêvurlins défilent toujours avec les 32 têtes du départ. Certes, elles ont été réparées, repeintes, revernies pour garder leur jeunesse, malgré plus de 25 ans d’existence et plus de 250 cortèges. Les Hêvurlins espèrent encore pouvoir vous faire rire longtemps.